Un cahier des charges de site vitrine tient sur 2 à 4 pages et répond à cinq questions : pourquoi ce site, pour qui, quelles pages, quel style, quelles contraintes. C'est le document qui transforme des devis au doigt mouillé en devis comparables, et qui évite les « ah mais je pensais que c'était inclus » à mi-projet. Voici le modèle complet, section par section, à copier tel quel.
Un cahier des charges de site vitrine tient en quatre sections : ce que le site doit produire et pour qui, la liste des pages avec leurs contenus, les références visuelles, et les exigences techniques. Avec ces quatre-là, des devis deviennent comparables ; sans elles, ils ne le sont pas.
Pourquoi ce document change vos devis
Sans cahier des charges, chaque prestataire remplit les trous avec ses hypothèses : l'un chiffre 3 pages, l'autre 10, l'un inclut les textes, l'autre non. Les devis vont du simple au quintuple et vous comparez des choses incomparables. Un brief clair fait baisser les prix des sérieux et fuir les vendeurs de brouillard.
Section 1 : objectifs et cibles
Trois lignes suffisent, mais elles décident de tout : que doit produire le site (des appels ? des demandes de devis ? de la crédibilité avant un rendez-vous ?), qui sont vos clients types, et comment ils vous trouvent aujourd'hui. Un site qui doit générer des demandes locales ne se conçoit pas comme une carte de visite en ligne.
Section 2 : pages et contenus
Listez chaque page attendue avec une ligne sur son contenu : accueil, une page par service (pas une page « services » fourre-tout : c'est décisif pour le référencement), à propos, réalisations ou avis, contact. Précisez qui fournit quoi : les textes et les photos sont le premier poste de retard des projets web. Si vous ne pouvez pas les fournir, dites-le : leur rédaction doit figurer au devis.
Section 3 : design et références
Donnez 2 ou 3 sites que vous aimez en précisant quoi (l'ambiance, la typographie, la mise en page des témoignages) et 1 site que vous détestez : le contre-exemple cadre autant que l'exemple. Joignez logo et charte si elles existent. Ne demandez pas « du moderne et de l'épuré » : tout le monde dit oui et chacun comprend autre chose.
Section 4 : technique, SEO et mesure
Les points à exiger noir sur blanc : site responsive, temps de chargement correct sur mobile, balises titles et descriptions rédigées, une page par service optimisée pour votre zone, formulaire relié à votre email, statistiques installées (GA4), et surtout : vous restez propriétaire du domaine et des accès. Ce dernier point évite les prises d'otage numériques que nous voyons trop souvent.
Ce que chaque section évite comme litige
Un cahier des charges ne sert pas à faire sérieux : chaque section existe parce que son absence provoque un désaccord précis, en général au pire moment du projet.
| Section | Le litige qu'elle évite |
|---|---|
| Objectifs et cibles | « Ce n'est pas du tout ce que j'imaginais » |
| Liste des pages | Des pages ajoutées en cours de route, facturées en plus |
| Qui rédige les contenus | Un projet bloqué trois mois faute de textes |
| Références visuelles | Des allers-retours sans fin sur le design |
| Exigences techniques | Un site livré sans les balises ni la mesure |
| Propriété des accès | Un site qu'on ne peut pas récupérer |
| Nombre de retours inclus | Des corrections facturées à l'unité |
| Ce qui se passe après la livraison | Aucune maintenance, aucune mise à jour |
Les quatre questions que personne ne pose
- Qui écrit les textes ? C'est la première cause de retard sur un projet de site. Si vous les fournissez, dites quand ; si le prestataire les rédige, cela doit figurer au devis.
- À qui appartiennent les accès ? Nom de domaine, hébergement, compte Google, code source. Tout doit être créé à votre nom, quitte à donner un accès au prestataire. C'est la différence entre un fournisseur et une dépendance.
- Que se passe-t-il après la mise en ligne ? Mises à jour, sauvegardes, corrections de bugs, petites évolutions : ce qui est inclus, ce qui est facturé, à quel tarif.
- Combien d'allers-retours sont prévus ? Deux tours de corrections sur les maquettes, deux sur le site : c'est un usage courant. Sans chiffre écrit, chacun a raison de s'estimer lésé.
Le piège du cahier des charges trop précis
À l'inverse, un document de quarante pages qui décrit chaque pixel produit l'effet contraire : il empêche le prestataire de vous apporter ce que vous payez, c'est-à-dire son expérience.
La bonne granularité consiste à être précis sur les objectifs et les contraintes, souple sur les solutions. « La page doit permettre de demander un devis en moins de trente secondes » est un bon critère. « Le formulaire doit être en haut à droite avec un bouton vert » est une décision que vous prenez à la place de quelqu'un dont c'est le métier.
Comptez deux à cinq pages pour un site vitrine classique. Au-delà, vous ne rédigez plus un cahier des charges : vous faites le travail vous-même, sans la compétence.
Le modèle à copier
Reprenez ces rubriques dans un document : 1. L'entreprise en 5 lignes / 2. Objectif du site et cible / 3. Liste des pages et qui fournit les contenus / 4. Références design aimées et détestées / 5. Exigences techniques et SEO / 6. Budget indicatif et délai souhaité / 7. Critères de choix du prestataire. Le budget en fourchette honnête : les prestataires sérieux adaptent leur proposition au lieu de deviner. Pour vérifier qu'un site produira des demandes et pas juste une belle image, les 7 corrections prioritaires d'un site vitrine font une excellente grille de lecture des propositions reçues.
Et si vous voulez voir comment nous transformons ce brief en site qui génère des demandes, voici notre approche de la création de site vitrine — et, quand le projet mêle boutique en ligne et présentation d'activité, celle de la création de boutique Shopify.
FAQ
Quelle longueur pour un cahier des charges de site vitrine ?
2 à 4 pages. En dessous, les prestataires devinent ; au-delà, personne ne le lit en entier. La clarté bat l'exhaustivité.
Faut-il indiquer son budget ?
Oui, en fourchette. Le cacher ne fait pas baisser les prix : ça produit des devis hors sujet dans les deux sens et des allers-retours inutiles.
Que faire si je ne sais pas quelles pages il me faut ?
Listez vos services et vos questions clients : un bon prestataire en déduira l'arborescence avec vous. Méfiez-vous de celui qui ne pose aucune question.
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